Le PROGRAMME DE REUSSITE EDUCATIVE
de la Ville de Fort-de-France
Dans le prolongement de l’action de la ville « l’école de la réussite » la Ville de Fort-de- France s’est engagée au mois de juin 2006, dans le dispositif dit « Programme de Réussite Educative »
Les objectifs généraux
Tels que définis dans le plan de cohésion sociale (programmes 15 et 16) et la loi n° 2005-32 de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005, les dispositifs de réussite éducative visent à donner leur chance aux enfants et aux adolescents ne bénéficiant pas d’un environnement social, familial et culturel favorable à leur réussite.
Ils visent à accompagner dès la petite enfance des enfants et des adolescents présentant des signes de fragilité et des retards scolaires en cherchant à prendre en compte la globalité de leur environnement. Plus exceptionnellement, ils visent à soutenir les parcours d’adolescents vers des études supérieures lorsqu’ils en montrent les capacités.
Ces dispositifs marquent un changement des principes et des modes d’intervention.
Ils diffèrent très sensiblement des mesures ou dispositifs existants, qu’ils relèvent de l’Education nationale ou qu’ils soient conduits par les collectivités locales :
- en s’adressant à des enfants, et pas seulement à des élèves ;
- en resituant les difficultés individuelles que ces derniers rencontrent dans le contexte des difficultés familiales et environnementales, notamment en matière sociale, sanitaire, culturelle et éducative ;
- en permettant d’apporter une réponse à chaque situation individuelle.
Si la cohérence et la complémentarité avec les dispositifs existants (contrats éducatifs locaux, contrats locaux d’accompagnement à la scolarité, contrats de réussite des réseaux d’éducation prioritaire, contrats enfance, contrats temps libre, réseaux d’écoute, d’aide et d’appui des parents, ateliers santé ville…) apparaissent évidentes, cette politique n’a pas vocation à s’y substituer.
Les principes
Des parcours éducatifs pensés dans la durée seront élaborés :
- en mobilisant, rassemblant et coordonnant localement un collectif de professionnels sociaux, sanitaires et éducatifs ;
- en mettant en œuvre, avec les parents, essentiellement hors temps scolaire, un accompagnement des enfants et adolescents, voire une prise en charge à caractère social, sanitaire, éducatif et culturel, collectif ou individuel. Ce soutien personnalisé pourra dans un certain nombre de cas ou de situations être organisé de façon collective ;
- en assurant une évaluation et une adaptation du dispositif au regard de la situation individuelle de chaque enfant ou de chaque adolescent concerné et de sa famille ;
- en apportant, le cas échéant, un soutien direct aux parents, afin de leur permettre d’améliorer les conditions de vie de leurs enfants et de les aider dans leur fonction parentale.
Echelle d’intervention
Les dispositifs de réussite éducative s’adressent prioritairement aux enfants et aux adolescents de 2 ans à 16 ans habitant en zone urbaine sensible ou scolarisés dans un établissement relevant de l’éducation prioritaire.
Modalités de fonctionnement local du programme
Un partenariat institué au sein d’une structure juridique
La loi ouvre plusieurs possibilités : l’élargissement des compétences de la Caisse des Ecoles, le Groupement d’Intérêt Public, l’établissement public local d’enseignement et l’établissement public local de coopération éducative ou toute autre structure juridique adaptée dotée d’une comptabilité publique.
La structure juridique support doit favoriser - sur la base d’un projet éducatif local - une mise en cohérence de tous les dispositifs concourant à la réussite éducative qui existent sur le territoire communal ou intercommunal. Elle offre également la possibilité de mutualiser localement différents financements publics avec une optimisation de leur utilisation, sans que cela constitue un préalable.
Eléments de diagnostic sur le territoire concerné par le projet
Le territoire est caractérisé par une concentration de l’habitat social et l’absence d’un tissu d’entreprises permettant sa revitalisation. Seule la partie Nord ouest du territoire où est implantée la zone franche de Dillon peut bénéficier des retombées économiques des entreprises qui y sont installées. A ce jour, il est toutefois difficile de juger des résultats obtenus et de leur pérennité. Il apparaît important et urgent de soutenir l’activité scolaire dans ces zones économiquement faibles : les fruits de la revitalisation des quartiers doivent favoriser l’action scolaire. Il est nécessaire de relever certaines caractéristiques de la population pouvant prétendre à ce type d’action.
- Les enfants concernés sont parfois issus de familles monoparentales, allocataires de minima sociaux, ou au chômage. A titre d’information, la population martiniquaise compte 37 % de familles monoparentales. Or, le seul territoire de la ville capitale ne compte pas moins de 41 % de familles de ce type.
- On dénombre 7 537 Rmistes sur Fort-de-France contre 31 436 pour l’ensemble du département, soit 23 %.
- Le taux de chômage pour le département s’élève à 22.4 % contre 31,82 % pour Fort-de-France.
Le cumul de ces points négatifs sur une même population peut générer des conséquences graves au niveau de la scolarité des enfants. Il convient, par conséquent, de prendre en charge parents et enfants et de les accompagner par un dispositif tel que celui de la réussite éducative.
Priorités qui se dégagent du diagnostic partagé
- Améliorer les résultats scolaires pour augmenter les chances d’insertion,
- Prévenir l’exclusion et la marginalisation scolaire facteur aggravant de la délinquance juvénile,
- Favoriser une meilleure collaboration des acteurs éducatifs naturels (famille/école)
- Elargir les centres d’intérêt des enfants et des adolescents, promouvoir leur apprentissage de la citoyenneté par une ouverture sur les ressources culturelles, sociales et économiques du territoire.
Objectifs prioritaires du projet
- Favoriser la réussite des apprentissages et lutter contre le décrochage scolaire,
- Améliorer les transitions scolaires (maternelle/primaire, primaire/collège ou collège/lycée),
- Apporter si besoin est un soutien direct aux familles, afin de leur permettre d’améliorer les conditions de vie de leurs enfants et de les aider dans leur fonction parentale,
- Conduire une action spécifique en direction des mineurs isolés
Public identifié
Les actions du programme concernent les enfants âgés de 2 à 16 ans.
Enfants : A Fort-de-France, 11 912 enfants de 2 à 16 ans en ZEP, REP et ZUS sur 29 953 enfants pour l’ensemble du département soit près de 40 % de la population scolarisée en éducation prioritaire dans l’Académie.
Familles : Le taux élevé de familles monoparentales à Fort-de-France, 37 %, et le taux de chômage, peuvent avoir des incidences sur la réussite scolaire des enfants surtout dans les zones pressenties.